27 mars 2009
Un P'tit Bonheur...
"C'était un petit bonheur
Que j'avais ramassé
Il était tout en pleurs
Sur le bord d'un fossé
Quand il m'a vu passer
Il s'est mis à crier:
"Monsieur, ramassez-moi
Chez vous amenez-moi
Mes frères m'ont oublié, je suis tombé, je suis malade
Si vous n'me cueillez point, je vais mourir, quelle ballade !
Je me ferai petit, tendre et soumis, je vous le jure
Monsieur, je vous en prie, délivrez-moi de ma torture"
(...)
Félix Leclerc - Le p'tit bonheur
Voilà exactement ce qui s'est passé dans mon après-midi...et mes p'tits bonheurs à moi c'est ça:
Je vous explique:
Mon québécois a trouvé au fond d'un vieux carton poussiéreux, destiné au rebut, 5 volumes d'une encyclopédie nommée "de fil en aiguille", il s'est dit que ça ne serait pas perdu pour tout le monde...c'est juste une mine des éditions Franson (?) datant des années 75, les années "Granola" comme on dit ici traduisez "baba cool"...exactement ce qu'il me fallait...On y trouve de tout, couture, travaux d'aiguilles, patchwork, appliqué, feutrine...TOUT!
Puis , pour profiter des températures plus clémentes que nous offre le printemps québécois, je me suis baladée en centre-ville et j'ai fait un détour par la bibliothèque....j'y ai flâné et suis tombée sur deux volumes oubliés tous seuls sur un rayonnage: de la cuisine médiévale!!!
Le premier est la Bible de la découverte de la gastronomie du Moyen-Age:
"Les recettes de Mathilde Brunel" par Jeanne Bourin, édité en 83 chez Flammarion dont j'ai souvent rêvé (d'ailleurs si vous croisez un exemplaire dans une brocante au livres...pensez à moi) mais aucune occasion ne s'est présentée pour que je l'ai entre les mains...et bien là, il y est....un BONHEUR car la particularité de ce livre est que les recettes sont données en vieux français puis traduites....je vais me régaler!!!
Le second est un volume canadien de recettes médiévales d'Angleterre:
"Pain, Vin et Veneison" par Constance B. Hieatt et Sharon Butler (éd. de l'Aurore- 1977), je vais pouvoir comparer ce que pouvait manger Richard Coeur de Lion selon de quel côté de la Manche il se trouvait...
Je vais être très très occupée je crois...mais avec un bonheur simple comme celui là, y'a de quoi!
Pas couchée moi....
08 octobre 2008
"Les Larmes du Diable "
(Les Larmes du Diable - C.J. Sansom - Ed Pocket)
Après « Dissolution » premier opus
de cet auteur, ce second se dévore aussi vite que le précédent…
Dans « Dissolution » on assiste à
la réforme anglicane sanglante de la fin du 15è, début 16ème siècle
à travers une enquête sur un meurtre sordide dans un monastère anglais…
L’envergure du personnage principal ,
Matthew Shardlake, est remarquable de mon point de vue ; avocat, il se
révèle un fin limier très minutieux, sensible, en proie aux doutes de son
époque (réforme anglicane d’Henry Tudor) et à ceux de ses convictions
personnelles…Il affronte une figure historique de poids en la personne de
Thomas Cromwell…
Dans « Les larmes du Diable », la
réforme anglicane est installée mais le contexte politique européen, isole
l’Angleterre d’Henry VIII du reste de l’Europe papiste…la guerre fait rage avec
les voisins français et espagnols et les alliances matrimoniales devant assurer
une paix précaire font légions.
Thomas Cromwell est en disgrâce et les
complots s’organisent pour faire tomber la tête du meneur de la Réforme et
ramener la perfide Albion dans le giron papiste.
Deux enquêtes se déroulent dans ce
roman…l’une concernant la mort d’un enfant pour lequel une jeune fille est
désignée comme étant la coupable incontournable ;et l’autre autour de la
subtilisation d’une arme dévastatrice : le feu grégeois…Matthew Shardlake
doit résoudre la seconde pour le compte de Cromwell afin de construire sa
défense pour l’accusée de la première et ce dans un temps imparti de 12 jours….
Il est ,malgré lui, accompagné par un obligé
de Cromwell…un certain Barak, juif d’origine, sorti du ruisseau fangieux de
Londres et dévolu à son maître…Ensemble, ils vont ouvrir les portes de
l’Alchimie, de la misère des bas-fonds londoniens, des intrigues de cour et des
enjeux de pouvoir et de prestige. Le roi Henry VII , dont la réputation n’est
plu à faire, apparaît ici comme un homme tourmenté par ses affaires
politico-matrimoniales….
Ce roman offre une description fidèle du
Londres post-médiéval, les amateurs d’histoire s’y retrouveront. Les intrigues
sont bien ficelées et tiennent jusqu’aux dernières pages. La psychologie des
personnages est suffisamment complexe pour les rendre crédibles.
En tant que lectrice je me suis retrouvée
aux côtés de Shardlake et Barak pendant les 700 pages du livre. Le style est
fluide sans être simpliste.
J’avais été emballée par le premier, je me suis délectée dans ce second roman…
20 septembre 2008
La Bataille de la Mémoire
Mon créneau de lecture en ce moment doit se situer entre 1h30 et 3h du matin...je sais...c'est tard...ou tôt selon d'où on se place...mais bon n'ayant pas assez des 24h qui me sont allouées par jour, je grapille un peu partout; et comme le sommeil est ce dont manifestement j'ai le moins besoin...je grapille...Bref....j'ai envie aujourd'hui de vous parler d'autre chose que de broderie et voilà le responsable de ça: l'excellent bouquin que j'ai terminé il y a deux semaines....un bijou.
La Bataille de la Mémoire
René Boulanger
(Editions Le Québécois)
si ce livre vous intéresse, contactez moi, il pourrait être difficile à commander depuis la France
(Je précise que je n'ai aucun intérêt dans sa distribution)

Voici un essai d'histoire écrit pas un militant indépendantiste québécois, ou comment changer de focal pour lire et comprendre l'histoire. Je l'ai dévoré et pourtant le départ me paraissait périlleux, parce que j'ai habituellement du mal avec les essais et parce que la stratégie militaire n'est pas mon domaine préféré mais....
Ma passion pour l'histoire, mon envie de comprendre comment et pourquoi la France a perdu ses immenses territoires en Amérique du Nord, apprendre l'histoire du pays dans lequel je vis....tout cela était bien plus fort et m'a permis d'accéder à l'hypothèse de l'auteur et la complexité de la stratégie.
A l'issue de cette lecture, des sentiments bizarres m'ont assaillie. Parmi eux celui de me dire que dans bien des conflits, la victoire ne tient pas à grand chose . La colère aussi, d'être une fois encore obligée de reconnaître que le destin des nations et des peuples est soumis à la volonté d'une poignée d'hommes et des décisions qu'ils prennent selon leurs intérêts personnels servant leurs ambitions de pouvoir...
Enfin dans cet essai, j'ai pu prendre la mesure de la transmission...car il y a plusieurs façons de raconter l'Histoire et bien souvent c'est celle des vainqueurs qui nous est enseignée....mais que devient-elle lorsqu'elle est rapportée par les vaincus?....elle est bien souvent oubliée par le collectif....mais quand les historiens respectent leur déontologie d'objectivité, l'histoire devient passionnante et enrichissante...elle permet de regarder autrement notre monde, de comprendre les batailles d'hier et les combats d'aujourd'hui....
J'ai pu également reprendre conscience que l'Histoire de France se passe aussi dans cette partie du monde, et que cette Histoire de France ne nous est pas transmise suffisamment. Est-ce parce qu'elle fait partie de nos défaites?...Je sais maintenant ce qui nous légitime à appeler les québécois "nos cousins"...car ils le sont pour de bons, et c'est peut-être pour cela que le Québec nous attire et nous fascine depuis notre vieux-continent...
une histoire de famille finalement!
Bien sûr cet essai est l'oeuvre d'un homme de convictions et de combats, actif militant pour le Québec Libre...mais son analyse ne fait pas de prosélytisme....seule sa conclusion est orientée, et cela garantit la liberté de penser du lecteur au fil des pages, et j'ai beaucoup apprécié ce choix.
La Bataille de la Mémoire est une obligation que nous devons tous avoir à l'esprit, ici ou ailleurs. Nous sommes tous responsables de la transmission de notre histoire qu'elle soit collective ou individuelle....
"Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter"
(George Santayana)
"Nous (le peuple du Québec) sommes un vieux lutteur qui vient à peine d'ouvrir les yeux (...) Mais les yeux s'ouvrent, le corps se réveille. Il ne manque que la mémoire. La mémoire apparaît et avec elle la conscience. Avec la conscience, soudain, la volonté!"
(Réné Boulanger - "La Bataille de la Mémoire" page 146)
Petite-fille de résistant, déporté et survivant des camps de la mort de la seconde guerre mondiale, j'ai grandi avec, gravée dans mon esprit, la phrase "Plus jamais ça!'. Pour honorer, chaque jour, le don, qu'à fait mon grand-père, de sa vie, pour que je puisse vivre dans un pays libre, je suis dans un perpétuel état de vigilance intellectuelle , à l'affût du moindre signe de conquête ou de soumission, cultivant sans relâche ma capacité à combattre toute forme d'inféodation. Mais pour reconnaitre ces signes, il faut les connaître et les comprendre afin de pouvoir faire le choix du combat...Ce livre m'a permis encore une fois de garder les yeux ouverts et l'esprit conscient!
![]()
Merci de m'avoir lu jusque là....en ce samedi j'aurai pu être plus légère mais il y a des jours comme ça où l'esprit à des humeurs un peu graves, pour autant elles sont parfois indispensables....Promis je ne f'rai pas ça tous les jours....une fois de temps en temps....seulement...
Bonne fin de semaine et bonneS lectureS
12 septembre 2008
La Première Gorgée de Bière....
Envie de vous faire partager une autre de mes passions...la lecture...
J'ai un rapport particulier au livre, c'est une histoire de sensualité je crois...Le livre est pour moi un objet précieux, transmetteur d'histoire, de rêves, de pensées...J'aime son odeur, j'aime le toucher ...
Comme pour beaucoup d'entre nous, lire c'est offrir à mon esprit une terre d'évasion...
Je suis donc très difficile, il faut que le livre me raconte une autre histoire que celle qui ressemble à mon quotidien, il faut qu'il m'oblige à faire un effort d'imagination et puis m'emmène dans une autre dimension mais pas dans l'irréel...
Voici celui qui me suit partout...et quand je ne bouge pas , c'est celui qui est le fidèle compagnon , une sorte de bouée de sauvetage, de bouffée d'air pur...celui que j'ai lu, relu, et lu encore, celui qui me fait écho...
Philippe Delerm est originaire du Val d'Oise , département français d'où je viens, d'Auvers sur Oise plus exactement, ville dédiée à Van Gogh, amoureux des anses de la Seine en montant vers Rouen...autant de choses qui me sont familières et la magie de son écriture fait que tous nos sens sont en éveil à sa lecture...On entend les sons, on sent les odeurs, on a le sucré, le salé et l'amer dans la bouche...Ahhh! la première gorgée de bière n'est plus la même après avoir ressenti celle de Delerm.....Un livre devenu classique....à dévorer...














